Image Alternative text Tout part de l’amer constat amer relevé dans le « microcosme» entrepreneurial de certains pays africains au sud du Sahara (Le Tchad mon pays ne fait pas l’exception) où l’entrepreneuriat, l’un des vocables les plus populaires ses deux dernières décennies sur le continent, apparaît comme la panacée à tous les maux que traversent les jeunes dans ces pays. Paradoxalement dans la même période, des avancées considérables ont été enregistré dans l’écosystème entrepreneurial d’autres pays africains (Rwanda, Kenya, Ile Maurice, Nigeria, Afrique-sud, Botswana, Maroc etc.), grâce à une bonne politique publique d’accompagnement des start-ups et un environnement propice qui favorise l’esprit d’entrepreneuriat chez les jeunes.

Il convient donc de s’interroger sur le fait que les politiques de certains pays qui présentent l’entrepreneuriat comme « un sauveur pour n’est pas dire pompier » faces aux multiples problèmes que rencontrent les jeunes entrepreneurs? Encore moins la complexité l’environnement dans lequel ces jeunes entreprennent? Je ne suis pas pessimiste, je me qualifie toujours d’Afro-optimiste engagé dans le combat des changements positifs durable. Je fais partie des rares jeunes qui entreprennent dans ce contexte difficile mais plein d’espoirs et d’opportunités. Cependant, je veux être réaliste, d’où l’objet de cet article.

Objection!!! Pour rester dans l’esprit du plaidoyer en s’interrogeant sur le concept « entrepreneuriat » en lui-même avant d’exposer l’argumentaire de ma défense. Étymologiquement, le mot entrepreneuriat renvoi à « l’entrepreneur » suivi du suffixe « iat » qui décrit l’activité des chefs ou créateurs d’entreprises. L’entrepreneuriat selon Yvon PESQUEUX (Dans son article, Entrepreneur, entrepreneuriat (et entreprise) : de quoi s’agit-il ?) est une activité impliquant la découverte, l’évaluation et l’exploitation d’opportunités, dans le but d’introduire de nouveaux biens et services, de nouvelles structures d’organisation, de nouveaux marchés, processus, et matériaux, par des moyens qui, éventuellement, n’existaient pas auparavant. De façon empirique, on peut aussi le définir comme une activité liée à la formation de nouvelles entreprises et de l’auto-emploi (self-employment).

Les rétroviseurs des théoriques économiques et sociales (En référence aux théories de J. A. Schumpeter, Harper et Row -Capitalism, Socialism and Democracy, et I. M. Kirzner - Competition and Entrepreneurship), mettent en exergue les grandes mutations depuis l’antiquité jusqu’à l’ère de la mondialisation/globalisation, en accordant une place prépondérante à une catégorie d’agents économiques appelée « entreprises ou entrepreneurs » pour leur rôle dans la création de la valeur ajoutée dans l’économie, tout en mentionnant le rôle capital (régulateur et accompagnateur) d’une autre catégorie dénommée « Etat ou administrations publiques », garant de toute la réussite qu’on pourra attribuer aux entrepreneurs.

En portant un regard sur les pays africains où entrepreneuriat contribue efficacement à la croissance économique, force est de constater qu’un soubassement a été préalablement posé, afin de stabiliser l’environnement dans lequel doivent évoluer les entrepreneurs. Cependant, dans d’autres pays, entrepreneuriat est présenté comme étant une recette, une alternative ou du moins une solution au chômage des jeunes, sans pour autant mettre en place, des dispositions réglementaires et fiscales incitatives, et un cadre d’accompagnement adapté au contexte local, qui garantissent les résultats escomptés comme l’on observe un peu partout dans le monde à travers des écosystèmes entrepreneuriaux modèles à l’instar de la Silicone Valley aux USA, The Innovation Hub et Bostawana Innovation Hub en Afrique australe, et des incubateurs tels que Co-creation Hub Nigeria CIPMEN au Niger, ilabs au Liberia, CTIC, Jokkolabs et SYNAPSE CENTER au Sénégal, pour ne citer que ceux-là.

En somme, en tant que jeune entrepreneur, je terminerai ma plaidoirie sur ce : Au nom de tous les jeunes entrepreneurs africains, en reconnaissants d’abord les efforts considérables consentis par les pouvoirs publiques et les partenaires clés en matière de dispositifs d’accompagnement au processus entrepreneurial, il reste encore beaucoup à faire car, le gap est énorme entre les textes en vigueur et leurs applicabilités surtout au plan fiscal ; les structures d’accueils (incubateurs) qui favorisent éclosion des jeunes entrepreneurs manquent cruellement ; le mode de financement des startups est inadapté et l’accès au financement demeure un réel problème pour le jeune entrepreneur qui n’est pas dans le « système » (expression utilisée dans mon pays pour qualifier ceux qui usent des positions privilégiées pour bénéficier des financement et autres avantages) ; Enfin l’accès à l’internet et outils technologiques sont presque un luxe à cause de leurs coûts. Dans des telles conditions, comment les jeunes pourraient entreprendre de façon efficace ? (même si certains bravent toutes ces difficultés, on ne peut pas continuer à nager contre-courant!) Toutefois, l’espoir n’est pas terni « le changement est la seule chose au monde qui ne changera jamais ». Un dernier coup de cœur à tous les jeunes entrepreneurs africains, Never Give-Up !!! (N’ABANDONNONS JAMAIS !!!) C’est beau de réussir dans un environnement difficile, car l’histoire sera belle à raconter.

Auteur : ISRAEL DJONABAYE Email : idjonabaye@gmail.com Tél : +235 66 15 34 78


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